Conjoncture immobilière en Ile-de-France de février à avril 2026

Un marché qui peine à transformer l'essai au printemps 2026

Une activité qui s'inscrit dans la continuité d'une reprise lente 

Au printemps 2026, le marché francilien des logements anciens demeure engagé dans la phase d’ajustement amorcée en 2025 mais les signes de reprise observés l’an dernier peinent à se renforcer.

Entre février et avril 2026, 29 680 ventes de logements anciens ont été enregistrées en Île-de-France, soit une baisse de 3% par rapport à la même période de 2025. Cette évolution doit toutefois être interprétée avec prudence : les premiers mois de 2025 avaient bénéficié d’un effet d’anticipation lié à la hausse des droits de mutation, qui avait temporairement soutenu les transactions.

L’activité recule donc légèrement par rapport à un début d’année 2025 atypique, mais demeure engagée dans une lente trajectoire de reprise depuis 2025. Le recul observé concerne aussi bien les appartements (-3%) que les maisons (-1%), dans une moindre mesure. Sur deux ans, les volumes demeurent en progression (+19%), avec une hausse de 17% pour les appartements et de 25% pour les maisons.

Les évolutions par secteur géographique confirment l’effet de l’anticipation de la hausse des droits de mutations sur les volumes de 2025 (dès avril pour la capitale) : Paris enregistre un recul de 5%, la Grande Couronne de 3% et la Petite Couronne de 1%. Les écarts restent néanmoins importants selon les départements : alors que la Seine-et-Marne fait figure d’exception avec une progression des volumes, les Yvelines enregistrent les reculs les plus marqués, aussi bien pour les appartements que pour les maisons.

Les volumes se maintiennent ainsi à un niveau sensiblement supérieur à celui observé au plus fort du ralentissement de 2023-2024, confirmant la poursuite d’un redressement progressif du marché. Celui-ci s’inscrit désormais dans une logique de normalisation lente, caractéristique d’un marché qui s’est progressivement adapté à un nouveau régime d’activité et de prix, mais dont la reprise demeure fragile et dépourvue de véritable élan.

Des prix toujours globalement stables

En un an, entre avril 2025 et avril 2026, ils stagnent à l’échelle régionale (0% pour l’en semble des logements) : les prix des appartements évoluent peu à +0,4%, tandis que les maisons poursuivent leur ajustement avec une baisse modérée de 0,9%.

À Paris, le prix des appartements s’établit à 9 530 €/m² en avril, soit une évolution limitée de +0,4 % en un an. La Petite Couronne demeure légèrement orientée à la hausse (+0,7%), tandis que la Grande Couronne se stabilise (+0,1%). Les prix des maisons continuent en revanche de s’ajuster, notamment dans certains secteurs périphériques (-1,2% en Grande Couronne).

Les indicateurs avancés issus des avant-contrats prévoient la poursuite de cette phase d’ajustement pour les maisons tandis que les prix des appartements devraient peu évoluer d’ici juillet.

Dans un environnement géopolitique toujours incertain marqué par le déclenchement du conflit au Moyen-Orient fin février et ses conséquences économiques, notamment sur les prix de l’énergie, le climat d’attentisme pèse fortement sur les décisions d’achat et d’investissement. À cela s’ajoute la récente hausse des taux directeurs de la Banque centrale européenne, relevés de 2% à 2,25%, qui pourrait se traduire dans les prochaines semaines par une remontée des taux des crédits à l’habitat. Dans ce contexte, les perspectives de reprise du marché apparaissent plus éloignées et le processus de normalisation engagé depuis 2025 devrait rester lent et fragile.

Communiqué mensuel 2026 06